La peine est lourde, condamné à perpétuité, pour un assassinat politique dont les preuves sont plus qu’insuffisantes. Le berger de Cargèse est victime de la répression d’un Etat, le constat est clair. En temps normal, jamais un verdict aussi dur ne serait tombé, on peut même affirmer que le procès aurait donné raison à l’acquittement de l’accusé. Une présomption d’innocence qui n’a pas été respéctée, un procès à charge dont l’issue avait été clairement annoncée par le président de la République quelques années auparavant, des zones d’ombres non éclaircies, privant ainsi cette affaire d’une partie de la vérité, que ce soit pour la famille Erignac ou pour la famille Colonna.
Bien que ce procès ait pu annoncer une issue favorable pour Yvan Colonna, il n’en est rien. La justice a montré pendant ces quatres semaines de jugement, sa volonté de rendre correctement la justice, mais la fin nous laisse un goût amer : une condamnation sortie de nulle part.
Encore une blessure dont la Corse ne se remettra pas. Hier soir, en Corse, des maisons ont sauté, des gendarmeries mitraillées, des manifestations ont eu lieu en soutien d’Yvan Colonna, des lycées ont été occupés ainsi que des collèges, se tiendra à Corte une réunion des milieux nationalistes Corses pour définir une ligne de conduite. La tension est très forte en corse, surtout à la suite des très nombreuses arrestations qui ont eu lieu lors des dernières semaines de procès, des arrestations en masse de la population, des fichages ADN qui n’ont pas lieu d’être. La provocation policière est omniprésente, certains scandant des chansons à l’encontre de Colonna.
Ce procès a démontré que la Corse n’était pas la France, et qu’elle ne le sera jamais. C’est une véritable dictature qui sévit sur l’île et sur ses habitants. Plus que jamais solidarité et résistance seront les mots d’ordre sous lesquels les Corses se rassembleront pour dénoncer une démocratie qui n’en est pas une. Lorsqu’un peuple subit de tels affronts, il ne faut pas beaucoup de temps pour que les choses changent. Sulidarita e Resistenza. A Riprissione Basta !
Ultimes rebondissements dans le procès d’Yvan Colonna avant le verdict
Tout d’abord, le témoignage de Martin Ottaviani, le chauffeur du commando-criminel du préfet Erignac, qui se souvient dans les derniers instants du procès être sorti de sa voiture sur les lieux du crime et pense qu’il pourrait être le troisième homme tant recherché. Mais la Cour a du mal àcroire cet homme qui ne livre ce témoignage qu’à la fin du procès, alors qu’Yvan Colonna se trouve dans une situation délicate.
Le second témoignage, remonte à l’attaque de la gendarmerie de Pietrosella en 1997, au sujet d’une empreinte digitale retrouvée sur un bout de scotch. Selon le rapport de police chargée de l’enquête et les témoignages du membre du commando, il y avait sept personnes lors de l’attaque de cette gendarmerie, sur laquelle a été dérobée l’arme du crime. Pourtant et c’est ce qui intrigue, les empreintes digitales ne correspondent ni à celles d’Yvan Colonna, ni aux gendarmes présents aux moments de cette prise d’otages et encore moins aux autres membres du commando. Cette piste indiquerait que une ou plusieurs personnes du commando n’auraient pas été identifiées et laisse donc planer un gros doute sur la culpabilité d’Y.Colonna quant à sa participation à cette affaire.
L’accusé clame toujours haut et fort son innocence bien qu’il soit ébranlé par quatres longues semaines de procès.
Nous rentrons dans la dernière semaine de procès,semaine particulièrement rude pour la défense, les femmes des membres du commando témoignent en la défaveur de l’accusé.L’une affirmant avoir vu l’accusé le lendemain de l’assassinat chez son mari Didier Maranelli, habitant Carghjese, tandis que les compagnes de Alain Ferrandi et de Petru Alessandri assurent que Colonna se trouvait à Ajaccio. Eléments jusque-là incompatibles avant le doute émis par Valérie Dupuis, la compagne de D.Maranelli, quant à la date exacte correspondant à la visite de Yvan Colonna chez son mari.
Puis c’est au tour de A.Ferrandi et de P.Alessandri, ceux-là disculpent Colonna par leurs témoignages, bien que ce dernier ne considère pas ces témoignages comme un avantage dans ce procès. M.Colonna a l’impression et la quasi certitude que les membres du commando protègent d’autres personnes.
Rentrant dans la dernière semaine de procès la défense a proposé au juge de se rendre sur les lieux du crime afin de procéder à une reconstitution et espérant que ceci amène de nouveaux élèments à décharge pour l’accusé.
En signe de soutien à Yvan Colonna, deux syndicats étudiants, Ghjuventu Paolina et Ghjuventu Independista dénonçant le procès à charge dont est victime l’accusé, ont occupé symboliquement les locaux du tribunal d’Instance, les mouvements se sont dispersés calmement vers le début d’après midi, aujourd’hui mardi 4 décembre 2007.
La tension est au plus haut pour la défense, cette dernière semaine est décisive quant au sort futur d’Yvan Colonna…
Nous sommes arrivés à terme des deux premières semaines du procès «Colonna», nom rendu tristement célèbre par l’assassinat du préfet de Corse, Claude Erignac, en 1998.
La presse française autant que l’opinion publique s’attendait à un procès qui serait éxecutif, tant on leur avait vantés la certitude de culpabilité de l’accusé, n’oublions pas que cette affaire traîne depuis bientôt 9 ans, mais au fil des témoignages le doute ne se fait que grandissant au sujet de l’implication d’Yvan Colonna dans cet acte criminel. En résumé, deux semaines d’incertitude alimentées par autant de preuves à décharge en faveur de l’accusé.
Mais cette nouvelle semaine s’annonce sous le signe de témoignages offensifs à l’égard de la défense. Roger Marion, ancien patron de la police anti-terroriste, cite directement M.Colonna comme étant un membre «évident» du commando, s’appuyant sur les aveux obtenus de Didier Marinelli, premier membre à avoir cité Yvan dans son interrogatoire, puis des trois autres qui ont suivis (Tous se sont par la suite retractés). Pour la défense, ces aveux auarient été «suggérés» par les enquêteurs bien que M.Marion affirme avoir respecté la déontologie policière lors des scéances d’interrogatoires. Mais c’est sans compter sur les rappels à l’ordre du Juge Coujard, qui soucieux de rendre une justice équitable rappelle qu’un procès se juge sur des faits et des preuves ayant une base solide et non sur des «certitudes qui ne sont pas sûrs».
De même, Didier Pagniez, gendarme-otage lors de l’attaque de la gendarmerie de Pietrosella soutient que le commando était composé de sept membres au moins et non de cinq comme le laisse paraître l’enquête judicaire.
Apprend t-on aussi qu’une semaine avant sa mort, le préfet Erignac aurait été menacé par un groupe de sécurité de la région Bastiaise, mais cette piste ne semble pas avoir été privilégiée.
Concert de soutien aux prisonniers politiques intitulées «Natale per i Patriotti» organisé depuis plusieurs années par le Comité Anti Répression (CAR).
Le premier concert aura lieu à Biguglia, salle St Sébastien, le vendredi 7 décembre à 9h du soir avec sur place les groupes Novi et I Surghjenti.
Le second concert se déroulera à Aiacciu le 15 décembre (un changement de date est encore possible), à 9h du soir aux Salines (E Saline), accompagné par les groupes Mimoria Tramandata, Voce Ventu et l’Arcusgi.
Une semaine que le procès d’Ivanu Colonna a commencé, et la culpabilité de celui que le Ministre de l’Intérieur de l’époque appellait le « meurtrier du Préfet Erignac » est de moins en moins évidente aux yeux de la justice.
Il en ressort d’après les nombreux témoignages dont celui de l’ancien préfet de Corse M.Bonnet, celui de M.Colombani directeur du cabinet du Conseil exécutif en Corse, que l’accusé ne serait pas celui qu’on pense.
Il y aurait eu, non pas trois tireurs, mais seulement deux sur les lieux du crime, ce qui prouverait la non présence de Colonna puisque deux personnes du commando ont déjà avoué leur participation dans le meutre du préfet. On apprend également que le préfet ne serait pas mort sur le coup comme les médias le disaient auparavant mais suite à plusieurs coups de feu : précisement cinq dont la troisième balle aurait été mortelle pour ce dernier. Les témoignages rapportent que M.Erignac se rendant au théâtre le Kallyste serait tombé dans une embuscade menée par deux hommes d’une taille imposante, 1,80m selon le témoignage de J.Colombani, et d’une corpulence ne correspondant pas avec celle de Yvan (1,72m).
Il va de soi que la volonté du gouvernement Français de faire d’Yvan Colonna le coupable idéal va être plus difficile à démontrer que prévu. Il vaut parfois mieux se taire et garder sa langue dans sa poche que d’avancer des accusations à tort et à travers…
Le procès tant attendu d’Yvan Colonna, a commencé aujourd’hui à Paris,le 12 novembre, devant les magistrats de la cour d’assises spéciale, il durera un mois. Ce berger de Carghjese est suspecté dans deux affaires : l’assassinat de l’ancien préfet Claude Erignac, abattu en 1998 dans les rues d’Ajaccio ainsi que l’attaque de la gendarmerie de Pietrosella en 1997.
Soupçonné de faire parti des membres du commando «Erignac» et dénoncé auparavant comme le tireur, celui-ci aurait abattu sa victime de trois balles à bout portant. Malgré l’acharnement de la presse et d’hommes politiques, pour lesquels sa culpabilité ne faisait aucun doute, Yvan Colonna clame son innocence auprès des juges accompagné par son avocat Maitre Sollacaro.
Espérons que cette fois-ci la présomption d’innocence sera reconnue comme elle est reconnue à certains et que ce procès se déroule d’une manière juste et équitable pour TOUS.
A moins d’une semaine du conseil des ministres en Corse, la tension est palpable dans la ville d’Ajaccio. Ce ne sont pas moins de 4 engins blindés, 1500 CRS, les forces du GIGN, le commando Hubert et 6 hélicoptères qui seront présents dans la cité impériale pour assurer la sécurité du président et de ses ministres du Gouvernement Français.
Lors cette réunion au sommet de l’Etat, de nombreuses manifestations, bien qu’ayant été décrétées interdites, de mouvements nationalistes mais aussi du peuple Corse sont à prévoir en ce jour du 31 octobre. Le quartier de la préfécture est bouclé depuis une semaine, les riverains doivent contourner le barrage de sécurité, cette rencontre alimente toutes les conversations.
Plus inquiétant, est le système de prévention quasi-totalitaire, balises, espionnage photographique, mis en place contre plusieurs militants ou même voire juste sympathisants nationalistes à l’approche de cet évènement. Comme pour apaiser la situation, le Président de la République Nicolas Sarkosy, a favorisé le rapprochement de 6 prisonniers politiques auprès de leur famille, à Borgu, cadeau empoisonné selon les nationalistes, qui pensent assister dans les prochains jours à des arrestations en masse dans l’île.
La veille de la Toussaint risque d’être particulièrement agitée…
Manifestation du groupe Corsica Nazione Indipendente (CNI) devant la Banque de France de Bastia dénonçant la mauvaise gestion de l’épargne publique en Corse. Il s’avère suivant un communiqué de CNI que ce ne serait pas moins de 10 milliards d’euro appartenant aux contribuables, qui n’auraient pas été investi dans un projet de développement économique durable dans l’île.
En guise de réaction le groupe de manifestants a décidé de murer l’entrée de la Banque de France.
Dans cette affaire, il est indéniable que le Gouvernement français a sa part de responsabilité, autant que les banques corses et les compagnies d’assurance. Les nationalistes corses appellent donc les élus de la classe politique et les insulaires à considérer de toute urgence ce dossier.
Cet argent pourrait bien servir à assurer un avenir meilleur à la population Corse qui ne souhaite qu’à mettre fin à l’assistanat dont elle bénéficie depuis déjà bien longtemps.